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Education du chiot et préparation à sa première saison de chasse. Inscri10
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Education du chiot et préparation à sa première saison de chasse. Empty Education du chiot et préparation à sa première saison de chasse.

le Ven 14 Nov 2014 - 17:32
Bonjour à tous !

A la demande de nos sympathiques modérateurs, je viens vous offrir mes connaissances (liées à un lourd passé!) sur l'éducation du chiot pour la chasse.

Néanmoins, je pense nécessaire d'éclaircir au préalable sur 2 sujets : le choix du chiot et de sa race, et la connaissance du caractère et des capacités à apprendre du chien.
Je commencerais donc par là.

CHOIX DU CHIOT :

1° : Vaste débat ! LOF ou non LOF, pure race ou croisé ???

Pour mettre les choses au point, le LOF (livre des origines françaises) n'est en aucun cas affaire de snobisme, et son but n'est pas d'accoler au nom du chien un « particule » pompeux, c'est un outil de travail, avec un inconvénient, c'est qu'il nécessite une bonne connaissance des différents noms d'élevage dans les origines sur le certificat de naissance.
Se fier seulement au nombre de champions présents dans celles ci serait une grave erreur.
La génétique est ainsi faite que 2 champions de lignées totalement distinctes, ne vont pas obligatoirement donner des futurs champions, ce serait trop simple.
Donc, ce ne sont pas les sujets qui sont importants, mais les souches, encore faut il connaître les choix de sélection des éleveurs détenteurs de ces affixes.

Pourtant, le LOF reste une garantie d'avoir un chien correspondant au critères de standard et de travail de la race, avec, peut être, la chance de tomber sur le grand « canard »... (???)

En non LOF, le résultat d'une portée est encore plus aléatoire, tout en interdisant pas la qualité. L'argument le plus souvent cité étant le prix d'achat, il est bon de le rapporter au coût du chien tout au long de sa vie (nourriture, frais vétérinaires, etc...) et on choisit un chien pour une moyenne de 8 années (mortalité accidents compris), donc, hormis si le chien est offert à titre gracieux, les 2 ou 300 euros de différence au départ ne seront ils pas oubliés si le chien correspond bien à son attente ?
A vous de voir !

Pour les sujets croisés, même si nous avons tous connu un ou plusieurs sujets d'exception, les chances d'être satisfait s'approchent vraiment de celles de gagner au loto.

Il faut savoir qu'en génétique, l'espoir de voir s'additionner les qualités de chacune des origines sont quasi nulles. Alors, pour donner un exemple, quand je vois une annonce de chiots croisés Springer/Setter, dans l'espoir d'avoir un chien de quête raisonnable, avec un grand nez et rentrant à la ronce.... Je plains affectueusement celui qui va se trouver avec un coureur de plaine ne possédant aucune qualité d' arrêteur et faisant tout voler à 3 ou 400 mètres...lol

Choix du chiot dans la portée :

Mâle ou femelle ? Choix conditionné au fait que l'on possède déjà un autre chien ou pas. Se retrouver avec un couple au moment des chaleurs est un enfer si le but n'est pas l'élevage.

La femelle est souvent plus précoce, mais, à part grâce à un énorme coup de chance, elle se retrouve toujours en chaleurs en saison de chasse, y perd en efficacité et en expérience et au fil des premières années, se retrouve vite rattrapée par le mâle.

Pour ce qui est de l'affectivité, je remettrais en cause l'idée de la femelle plus affectueuse, une bonne complicité établie avec un bon mâle en fera le meilleur des compagnons également.

Où acheter le chiot ? Là aussi vaste débat, farci d'idées reçues sur le choix d'un éleveur pro, multiraces ou non, de l'éleveur amateur (de celui qui aime, pas celui qui n'a pas les compétences ..;o)..), ou du particulier qui trouve toujours le bon prétexte politiquement correct pour avoir fait cette portée.
Ce n'est pas le but de ce dossier technique de critiquer l'une ou l'autre forme d'élevage, donc je m'abstiendrais.

Néanmoins, il reste un impératif : NE PAS SE TROMPER DE RACE !

Nos anciens ont eu les compétences et la générosité (et les moyens!) de créer un grand nombre de races de chiens de chasse, qu'ils soient courants de petite ou grande vénerie, d'arrêt, à quêtes continentale ou britannique, leveurs ou retrievers... Merci à eux !

A vous donc de choisir dans ce large échantillonnage, la race correspondante à votre mode de chasse.
Pour cela, il est toujours bon de demander conseil, notre forum en est un bon moyen. La lecture des revues cynégétiques et cynophiles en est un autre. Des discutions avec vos futurs partenaires de chasse ou chasseurs locaux ne sont pas à dédaigner.

Sachez seulement qu'il y aura une constante dans les réponses... La race de votre interlocuteur est la meilleure !... Pour lui...;o)

Donc, prenez le temps de la réflexion, celui également d'être certain du mode de chasse que vous désirez pratiquer, il existe, à coup sur, LA race qui se rapproche le plus de vos besoins.

Je vais rester « généraliste » et ne pas entrer dans ce sujet, d'autant que même si j'en connais les races et le mode de chasse, n'étant pas un spécialiste du courant, je prierais les fins connaisseurs d'excuser mes erreurs inévitables...;o)

Le choix de race étant fait, commence les visites d'élevages, et, là, il y a des règles strictes auxquelles il faut se tenir :

1° Un chiot ne doit pas être, ni vendu, ni cédé gratuitement sans avoir été préalablement identifié par tatouage ou pose de puce électronique.

2° Même si la vaccination n'est pas obligatoire en France, le vendeur doit présenter un certificat de bonne santé établi par un vétérinaire. (Alors pourquoi ne pas l'avoir fait vacciner?)

3° Fuir à toutes jambes si l'odeur est insupportable ! Un chenil n'est pas obligé de puer et les chiots d'être sales !

4° Dans des situations sanitaires « douteuses », ne pas prendre un chiot pour le sortir de là et le sauver, vous le payeriez assurément très cher.

5° Observez la portée : Tous les chiots doivent être vifs et joueurs... Si certains sont apathiques, une maladie est peut être en incubation.

6° Les narines doivent être propres et humides, pas de « dépôts » au coin de l'oeil, et le fond de l'oreille doit être propre (difficile de se débarrasser d'une gale auriculaire qui reste de laisser des séquelles).
7° Pas de ventre gonflés, le chiot risque d'être farci de vers ! (et pas d'excuses sur la gamelle qui vient d'être donnée, on ne le fait pas pour un chiot qui doit partir et donc « s'oublier » dans la voiture!)

8° Inutile de sortir le fusil pour vérifier la peur du coup de feu, ceux qui sont venus chez moi avec ce principe sont partis en courant !...lol
Par contre, accroupissez vous, tapez dans vos mains en appelant les chiots et en les incitant à jouer avec vous.
C'est amusant, mais c'est souvent à ce moment là que se produit le déclic entre l'acheteur et son futur compagnon...;o)

Je n'aborderais pas le problème des tares héréditaires, ni des différents examens subits par les reproducteurs, ils sont trop sujets à controverses et propres à chaque race.
Mais, juste vérifier si les dents sont convenablement disposées et, pour les mâles, les testicules descendues dans les bourses.

Vous voilà donc propriétaire d'un chiot ! CHOUETTE ! Mais que devez vous savoir de ses capacités pour ne pas commettre d'erreurs dans son éducation ?


DE QUOI VOTRE CHIEN EST IL CAPABLE ?

De tout et de rien selon que vous le compreniez vous même ou non... Alors, voici quelques éléments  pouvant vous aider dans cette tâche :


1° Un chien n'est pas intelligent dans la conception que nous avons de celle ci pour l'être humain, c'est à dire qu'un chien est incapable de « réflexion ».

Donc, inutile d'attendre de lui des choses que vous ne lui auriez pas apprises mais dont vous auriez abordé le sujet lors de longues conversation...lol

2° Un chien répond à des « signaux » (visuels, auditifs, etc...), et un chien de capacité moyenne est susceptible d'enregistrer environ 40 signaux, d'où l'intérêt de la clarté de ceux ci.
Evitez les longs discours !

3° Un chien n'a pas la notion du temps... Que vous le laissiez seul 2 minutes ou 2 heures, c'est pareil pour lui, vous le quittez et vous revenez.

4° Pour le chien, il n'y a pas de nuances de gris, c'est noir ou blanc,c'est OUI ou NON, c'est autorisé ou interdit, toute approximation dans l'éducation sera incomprise.

5° Un chien ne se rassure pas comme on pourrait le faire avec un enfant. Lorsqu'on le caresse , qu'on lui parle avec douceur, il comprend que ce qu'il fait est bien... Donc, face à  une peur, quelle qu'elle soit ne pas utiliser cette manière d'être.

6° Un chien, pour être bien dans « sa peau » doit être dominé. Il se sentira ainsi protégé et sera plus réceptif à l'éducation.

7° La brutalité comme les hurlements n'ont aucune efficacité sur le chien, surtout s'ils ne peuvent être compris. Un exemple : le chien aboit  car il se trouve seul et a un sentiment d'abandon... Vous allez le voir pour lui mettre une raclée ou l'engueuler, il recommencera de plus belle pour avoir le « plaisir » de votre présence.

8° Dans les capacités d'un chien, il y a l'acquis et l'inné : Grâce à votre choix judicieux, vous avez un chiot qui, par ses origines, possède des qualités inhérentes à sa race et à sa souche, c'est l'inné. Mais, pour faire ressortir celles ci, il faut un apprentissage, qui apportera l'acquis.

9° Un chien a besoin d'un espace à lui, où il pourra trouver confort et refuge.

10° C'est anecdotique, mais l'affection et le respect d'un chien qui en feront un bon compagnon ne s'achète pas. (exemple : Mon père distribuait des friandises à ses chiens à longueur de temps et était très affectueux avec eux, mais n'a jamais compris pourquoi, à la chasse, les chiens travaillaient pour moi !)

En fin de ce préambule, je dirais une chose importante : « AIMEZ VOTRE CHIEN POUR CE QU'IL EST, ET PAS POUR CE QUE VOUS AIMERIEZ QU'IL SOIT ».

Pas d'anthropomorphisme, le chien reste un animal, ne cherchez pas, malgré toutes ses qualités, à lui attribuer des qualités ou des sentiments humains.

Je vais me permettre un chapitre sur les canidés sauvages, qui vous permettra de mieux appréhender  et comprendre les notions portées par des termes que j'utiliserais par la suite : Les canidés sauvages forment des meutes très hiérarchisées, dans lesquels nous trouvons les dominants et les dominés. Si les dominants se réservent le droit à la reproduction et la priorité à choisir les meilleurs morceaux d'une proie, ils sont également les protecteurs de la meute. Ce sont eux qui affrontent les dangers et ouvrent le chemin aux autres, franchissent les obstacles en tête et explorent l'inconnu. Les autres ne font que suivre, ainsi protégés et sereins, prenant de l'expérience pour changer un jour de statut et devenir les meneurs à leur tour. Nos chiens domestiques ont, par la sélection faite par l'homme (il n'y a pas de races naturelles), et par les acquits devenus peu à peu innés, perdu un peu de ces comportements, mais il leur reste ce besoin de hiérarchie, et c'est à vous de l'établir, en vous appropriant le statut de dominant et en leur attribuant celui de dominé dans lequel il trouvera le bien être et la confiance.

Armés de tout cela, nous en venons au sujet principal de ce dossier :

« L'EDUCATION DU CHIOT DE CHASSE »

L'éducation de base est la même que celle des chiens de toutes races compagnie, chasse ou autres, et porte un nom : LA SOCIALISATION.

En effet, le chien, même s'il possède des qualités innées, n'a, à la naissance, ni la connaissance des bruits, des odeurs, des gens et des choses... Donc, n'attendez pas de lui qu'il sache différencier ce dont on souhaite qu'il s'intéresse du reste.

Alors, sortez votre chiots, partout, dans tous les milieux, dans toutes les situations. Faites lui rencontrer des gens, jouer avec des enfants, d'autres chiens et d'autres animaux. Promenez le sur des terrains variés, susceptibles de devenir ses terrains de chasse, qu'il s'imprègne des odeurs de la nature, de ce qui est permanent ou occasionnellement sur place.

En effet, pour lui, au départ, une odeur est... Une odeur ! Alors, pourquoi s'intéresserait il plus à celle d'un faisan ou d'un lapin qu'à celle d'une fleur ou d'un champignon ???

De la même façon, puisque la crainte du coup de feu est un sujet récurent, un chiot qui aura entendu pétarader une mobylette, vu et entendu des voitures, et brailler des gens, sera beaucoup plus apte à accepter la détonation d'une arme de chasse.

En plus, cela est une occasion de faire connaître la voiture et d'éviter au chien d'être malade pendant les trajets, il faut « banaliser » les contraintes.

Donc, je pense que vous l'avez bien compris, un chiot ne s'élève pas dans l'isolement d'un chenil, ou pire, d'une cave ou d'un garage, car ses aboiements créent des problèmes avec le voisinage !

Ainsi, votre chiot, riche de ses connaissances, sera apte à recevoir son EDUCATION.

ETAPES DANS L'EDUCATION :

CAPITAL ! : La marche en laisse

En effet, ce qui pourrait apparaître comme une simple utilité est essentielle pour la hiérarchisation du chiot.
J'explique : La laisse devient le prolongement du bras de du maître, et imposera au chiot sa position de marche (épaule au niveau de votre genou), sa vitesse (la votre) et vous permettra de donner les premiers ordres.

Une petite chose : choisissez le coté où le chien marchera et restez en là. Il est coutumier de faire marcher le chien à sa gauche, pour garder la liberté de la main droite. Pour les gauchers.. Au choix !..lol

Alors, dans la marche, vous répéterez (sans crier!), inlassablement l'ordre de marche. Pour moi, c'est « DOUCEMENT AU PIED ». Et ceci quand il a le bon comportement.

S'il fait mine de résister, de tirer dans un sens ou un autre, lancez un NON ! autoritaire et ramener le à sa place, une caresse quand il y est et on repart !

Cela paraît simple, voir simpliste, mais j'ai pu remarquer lorsque je travaillais des chiens un peu grands, l'état de stress dans lequel cet exercice met le chien. En effet, vous voyez, chez le chien non habitué, apparaître des pellicules sur la ligne de dos, signe de ce stress.

Bien sur, il est recommandé de répéter cet exercice en tous lieux et dans toutes les conditions d'environnement.

Nous en parlons souvent sur le forum, mais il est essentiel de le rappeler :

LES EXERCICES DOIVENT ÊTRE DE COURTE DUREE ET TOUJOURS SE TERMINER PAR UNE SITUATION DE REUSSITE.

Donc, 10 à 15 minutes pas plus, et si vous arrivez à faire 50 mètres (au départ) le chien bien en place, vous le « libérez » en le détachant et en jouant et en le flattant.

Une réflexion valable pour tous les exercices : Si le chien n'arrive pas à réaliser celui que vous lui demandez, passez à un exercice qu'il réussi déjà parfaitement et arrêtez vous là. Vous serez étonnez de le voir réussir très rapidement à la prochaine séance, l'exercice qui présentait une difficulté pour lui.

Alors, quand cette marche au pied en laisse sera acquise... Laisse pendante et chien bien dans le rythme au niveau du genou, vous passez au niveau suivant :

La marche au pied sans laisse .

L'exercice est le même, mais là, c'est votre voix, votre intonation et l'assurance avec laquelle vous imposerez l'ordre qui seront essentielles.

L'exercice est plus facile qu'il n'y paraît si vous avez bien pris soin de répéter les ordres en marche en laisse, et vous pourrez ainsi évoluer, en variant les vitesses et les directions.

Acquise, vous pourrez évoluer dans tous les milieux.

Et, je pense que vous l'aurez compris facilement, à ce niveau du travail, vous avez acquit votre statut de DOMINANT, et le chiot est prêt à vous obéir avec confiance pour passer aux exercices suivants.

Le assis.

Pas besoin d'expliquer longtemps ce que l'on attend du chiot...;o)

Donc, vous marchez tranquillement, avec ou sans laisse, c'est plus facile avec, et soudainement, vous lancez l'ordre : HALTE ET ASSIS !

Vous vous arrêtez et imposez au chiot de le faire à sa place (au niveau de votre genou).
Vous vous accroupissez, et en répétant, doucement, l'ordre « assis », vous le forcez à s' asseoir en appuyant sur son arrière train, et en le maintenant sous le menton.

Lorsqu'il est assis, vous le félicitez affectueusement, en le caressant et en lui répétant : Assis, c'est bien... N'ayez pas peur d'en faire trop dans l'affectivité, les chiens ne sont ils pas eux mêmes excessifs pour exprimer leur joie ?

Puis, vous vous relevez, et repartez en ordonnant « doucement au pied »... Faites 10 mètres, et répétez l'exercice, et ainsi de suite... Dès que le chien s'assoit spontanément à l'ordre (peut être pas à la première séance), félicitez le et libérez le.

Continuez à répéter l'exercice par courtes séances jusqu'à obtenir un automatisme, et vous passerez au niveau suivant :

Le assis sans bouger.

Pour cet exercice, munissez vous d'une longe de 10 à 20 mètres qui, vous vous en doutez, vous servira beaucoup pour la suite. Pas trop lourde, car elle doit être un lien avec le chiot, mais pas un frein à ses mouvements.

Donc, vous partez en marche en laisse, en tenant la longe à 1,50 m, le reste en lasso dans votre main.

Vous faites une centaine de mètres, puis « halte et assis »... Le chien s'assoit parfaitement.

A ce moment, vous passez devant lui, et, en levant le bras plus ou moins haut ( je lève juste le doigt comme en primaire..lol..) vous répétez sur un ton rassurant « assis pas bouger ! », puis toujours en le regardant fixement, vous reculez petit à petit en répétant l'ordre.

Invariablement, à 2, 5 ou 10 mètres, il se lèvera pour vous rejoindre... Restez calme, mais ne le félicitez pas... Vous le reprenez comme en laisse et le ramener à l'endroit où il aurait du rester et recommencer la même chose.

Le chien n'a pas la notion du temps, donc la faute commise ne peut être sanctionner à posteriori, par contre, il possède la notion de la place, d'où l'importance de le ramener à l'endroit où cette faute a été commise.

Faites des séances, toujours courtes, en n'insistant pas trop sur votre distance de séparation, l'important est qu'il accepte de vous voir vous éloigner... Gagner des mètres à chaque séance, jusqu'à pouvoir laisser la longe posée au sol et à vous éloigner au delà de sa longueur.

Lorsque l'exercice est systématiquement réussi, allonger la durée avant d'aller le rejoindre et le féliciter... A un autre niveau de l'éducation, qui deviendra « dressage », il devra accepter de vous voir disparaître et rester à sa place.
Mais, nous voilà arrivés, dans la progression qui m'est propre, chaque dresseur possédant la sienne, même si la base reste constante, à l'exercice que vous espérez tous (je le sens!)...Le RAPPEL !

Là, je le met en gras et capitales : LE RAPPEL !

Je vous explique juste mon cheminement dans cette progression : Vous êtes arrivés au niveau d' avoir établi un bon niveau de confiance, de hiérarchie et de complicité avec votre chiot.
Pour moi, un rappel doit se faire dans la bonne humeur et sans contrainte... Le chien cherchant toujours à faire plaisir à son maître.

Donc, à force d'expérience et de bons résultats obtenus sur la qualité de mes rappels, je suis convaincu ( pas en 2 mots ! ) que la meilleure solution pour obtenir un excellent rappel, est de libérer le chien d'une situation de « contrainte », pour venir, à l'ordre, vous rejoindre et en être félicité.

Alors, vous avez habitué votre chien à rester assis sans bouger, quelque soit la distance de votre éloignement, jusqu'à ce que vous retourniez à lui... Nous allons utiliser cet exercice pour le rappel.

Je passe sur les détails, votre chiot est à une vingtaine de mètres de vous, sagement assis... A la différence de l'exercice précédent, vous allez vous accroupir, taper dans vos mains, comme lorsque vous l'aviez choisi dans la portée, et vous lui lancez l'ordre de rappel (à votre choix : moi, c'est « VIENS !, ", «ici » me semble trop proche de « assis », sinon, « au pied » ou « fous le camp » si vous cherchez l'effet comique!)

Donc, accroupi, tapant dans vos mains et sur vos genoux, vous l'appeler... VIENS !
Il va hésiter, mais finira par céder et courra vers vous joyeusement... Ne soyez, encore, pas avare d'effusions, moi je me roule par terre avec lui...lol

Bien sur, cette technique entraînera une petite perte de temps, car le chiot aura quelques difficultés à faire la différence entre le temps qu'il devra rester assis sans bouger, et celui où il pourra sauter dans vos bras. Il faudra donc utiliser une douce fermeté, en l'accablant d'un « NON ! », bien opportun s'il rompt le assis sans ordre, le ramener à sa place et recommencer... C'est sportif le dressage !

Mais l'utilisation de ce « NON » sera bénéfique, car bien associé à une faute, il sera aussi utile, lancé au moment précis d'une faute, qu'une décharge issue d'un collier de dressage...;o)

Alors, vous allez répéter cet exercice inlassablement jusqu'à ce qu'il soit parfaitement exécuté.
Ensuite, vous pourrez commencer à rappeler le chiot dans toutes les circonstances, en le promenant avec sa longe à la traîne, dont vous pourrez vous saisir pour l'amener à vous et toujours le recevoir affectueusement.

C'EST TELLEMENT MIEUX DE VOIR UN CHIEN VENIR A VOUS HEUREUX QUE LA QUEUE ENTRE LES JAMBES, NON ?

A ce stade, nous pourrons considérer que le chiot possède les bases de l'éducation.

Mes derniers conseils seront :

De toujours rester calme et sur de vous, le chien le ressent, si vous manquez d'assurance et de confiance en lui.
Toujours  faire des séances courtes et réussies (je me répète, mais c'est primordial).
Ne jamais tolérer l'approximation... La progression sera parfois lente, mais chaque niveau doit être acquis avant d'aller plus loin... Et le chiot ne comprendra pas votre « nonchalance ».
Toujours terminer une séance par de la détente et du jeu.. Si des séances de rappel se terminent par une mise en laisse et retour au chenil , le chien retardera son retour.

Sachez qu'un chien ira toujours dans le sens de l'agréable et fuira le désagréable, à vous de toujours faire de vos exercices un jeu plutôt qu'une séance de torture.

Un autre conseil : Utilisez la situation pour l'appuyer d'un ordre... Si votre chien vient à vous naturellement, lancez lui un « VIENS », s'il s'assoit pour se reposer, « ASSIS C'EST BIEN ». Ces ordres donnés à ces moments seront bien mieux assimilés que sous la contrainte.

Riche de ce que vous venez d'acquérir, vous aller pouvoir penser à « DECLARER » votre chien, dernière étape avant le débourrage.

La méthode dont je vais vous instruire est celle que j'utilise pour les chiens d'arrêt, leveurs et retrievers. Je ne suis pas assez connaisseur en courants pour vous conseiller à leur sujet, même si, ayant pas mal d'amis éleveurs et conducteurs de meute, je sais qu'ils utilisent des méthodes très proches, la mise en meute restant un autre domaine, et là, je laisse le soin aux spécialistes de distiller leurs conseils.

Par contre, tout ce que nous venons de réaliser en éducation simple, peut et devrait être appliqué aux courants... Les meutes de mes amis reviennent aux ordres... Presque toujours !...lol

Donc, le moment est venu de DECLARER votre chiot pour la chasse !

Le but de ce programme est simple, il consiste à préparer votre chiot, dans les meilleurs conditions, à sa première saison de chasse, à l'issu de laquelle il pourra, riche de son enseignement et de l'expérience acquise à vos cotés être considéré comme DEBOURRE, et apte à recevoir un vrai dressage, s'appuyant sur les qualités qu'il aura montré pour contrer les défauts perçus et apprendre ce qui lui manque pour être vraiment efficace.

Donc, les règles de base pendant ce travail, seront avant tout de travailler dans le plaisir, sans contraintes ni sanctions abusives pour lui inculquer l'essentiel :LA PASSION !

Votre chiot vous obéit, vous pouvez envisager de le sortir sur le terrain, et lui faire découvrir sa fonction... Nous allons prendre les sujets 1 par 1.

1°[u] Découverte du gibier.[u]

L'idéal, bien sur, reste de posséder les droits d'utiliser des territoires et du gibier naturel. Malheureusement, cela reste difficile, sauf , peut être, pour les courants qui peuvent trouver des parcs à lapins, lièvres ou sangliers, clôturés et accessibles et utilisables à l'année.

Pour les autres, nous utiliserons des situations artificielles, que nous ferons « coller » le plus possible à celles que le chiens trouvera par la suite sur les terrains.
Donc, l'utilisation de « gibiers » types cailles et pigeons reste la meilleure solution.

Le JEU consistera, dans un premier temps, à amener le chiot à rencontrer l'oiseau posé afin qu'il fasse le lien entre cette odeur encore inconnue, et l'envol de ce volatile... lol

Les cages d'envol à distance sont onéreuses et une cage en grillage avec une longue ficelle permettant de la faire basculer et libérer ainsi l'oiseau sera suffisante.

L'important est d'amener le chiot à bon vent, et, lorsque vous percevrez qu'il est attentif à l'odeur nouvelle, le guider discrètement pour provoquer la rencontre et déclencher l'envol.

Il est toujours préférable d'éviter que le chiot se saisisse de sa proie, mais, si cela devait arriver, surtout, banaliser la situation, ne le grondez pas, ne le félicitez pas non plus, ce n'est pas son travail d'attraper la proie (pour les retrievers le travail est un peu différent), mais, soit de l'arrêter, soit de la faire voler pour les leveurs.

Je ferais une petite appartée sur une pratique qui, bien qu'amusante, devrait être évitée : le coup de l'aile au bout de la canne à pêche !
En effet, il est toujours agréable de voir des chiots de 2 ou 3 mois bloquer ce leurre. Mais cela entraîne inévitablement à prendre le goût à la chasse à vue, et donc, au mieux, à voir ensuite le chien remonter trop sur sa proie et au pire à vouloir s'en saisir s'il y est arrivé (toujours!) avec la plume.
Alors, c'est un argument commercial facile pour l'éleveur qui vous fera la démonstration que ces chiots sont « précoces », mais pas bon pour l'avenir du chiot. Le seul intérêt de cette pratique étant de percevoir le style de l'arrêt selon les sujets, pour les Setters essentiellement. Passons !

Donc, votre chiot va avoir découvert l'oiseau par hasard, maintenant, lorsque vous le sortirez, il recherchera cette rencontre pour renouveler le plaisir... Ne lui en privez pas, il apprendra, petit à petit, à s'appuyer sur le vent pour remonter l'émanation.

Normalement, emporté par la passion naissante, il « courra sous l'aile », laissez faire et profitez en pour « glisser » ce qui angoisse autant d'entre vous, le coup de feu !

Muni d'un pistolet d'alarme, lorsque le chiot aura couru une vingtaine de mètres, tirez ! Je vous assure que le chiot normalement socialisé comme nous l'avons vu, se « foutra » complètement de la détonation... Il ne nous restera qu'à lui faire aimer... Un peu plus tard …;o)

Pour les leveurs, à ce niveau de travail, vous aurez besoin, à l'approche du gibier, de « retenir » l'enthousiasme de votre élève par la voix, en maintenant votre autorité sur lui, ce qui, par la suite, vous permettra de le limiter dans sa profondeur de quête.

Pour les chiens d'arrêt, ce sera le moment de ressortir la longe pour, sa brutalité, essayer d'obtenir un arrêt dès que le chiot aura bien situé la direction d'où provient l 'émanation, ce qui est visible lorsqu'il commence à remonter directement sur elle. Vous le bloquez avec la longe, remontez à sa hauteur de façon à arriver dans sa zone de vision périphérique et d'odorat. Ainsi, il vous situera, vous remonterez en « coulant » vers l'oiseau, et vous déclencherez VOUS, son envol . Le travail du chien d'arrêt est d'indiquer la présence d'une proie, en aucun cas (dans un premier temps) de la faire voler.

Variez les biotopes et les oiseaux, multipliez les sorties, votre chien se passionne et est prêt à chasser et rechercher le gibier... Comme un débutant !

Pour améliorer sa préparation, quelques petites choses à faire :

Le coup de feu !

Votre chiot ne craint pas la détonation du pistolet, faites lui aimer le son du fusil (lol).

L'idéal étant un pigeon ne volant pas parfaitement bien (c'est souvent le cas des pigeons d'élevage), avec votre fusil en main, renouvelez l'exercice, arrêt (ou non) remontée vers l'oiseau, envol et « course sous l'aile »... Laissez voler et courir la vingtaine de mètres, tirez ! Ne ratez pas !
Et faites lui tomber sa proie devant le nez !... Je vous assure (encore une fois!) qu'à ce moment, vous pourriez tirer au canon, le chien ne broncherait pas...;o)

Laissez le jouer avec sa proie, si, par bonheur, il vous la ramène, n'exprimez pas une satisfaction excessive, celle ci doit être réservée aux retrievers que vous aurez amener à la rencontre du gibier de la même façon.

Votre chien n'est pas assez « blindé » pour supporter une fusillade d'ouverture ou une première passée, cela viendra avec le temps, la répétition des tirs de chasse, les détonations plus ou moins lointaines.

De toute façon, votre prochaine saison de chasse est destinée au plaisir de votre chien, pas au votre !
C'est la condition pour avoir un partenaire idéal pour les saisons à venir...;o)

La quête.

Si à ce niveau d'éducation, votre chiot est prêt à aborder sa première saison, il est toujours bon , sans rechercher la perfection d'une quête pendulaire ou en étoile au bois pour la bécasse, de le préparer à être « dirigé » dans sa quête, ce qui aura également pour effet, d'une part d'améliorer encore sa confiance en vous, et, pour vous, de, petit à petit, arriver à régler sa profondeur de quête selon votre convenance.

Pour cela, il existe une méthode efficace : Dans un espace large et assez dégagé, vous placez, à droite et à gauche, un oiseau dans une cage. Ensuite, vous abordez cet espace par le milieu, à bon vent, bien sur. Dans un premier temps, vous laissez le chiot se détendre et « apprendre » le terrain, puis vous reprenez l'initiative, et vous vous dirigez vers la première cage, bras tendu dans la direction, en incitant le chiot à suivre votre mouvement (personnellement j'ajoute un coup de sifflet bref qui me permet d'attirer l'attention du chien), et vous l'amenez ainsi jusqu'à la prise d'émanation et tout ce qui suit... Vous le félicitez, et, tout de suite, vous repartez de la même manière dans l'autre sens, pour l'amener au même résultat sur le second leurre. Même chose, on félicite !

L'intérêt de l'exercice est multiple : Le chiot, à force de le répéter, suivra votre indication, ce qui vous permettra, à la chasse, de le diriger vers les zones où vous savez pouvoir trouver du gibier. Il vous fera confiance. Par la suite, ce sera à vous de lui accorder la même confiance, car c'est son nez, et pas vos prévisions, qui vous amèneront au gibier.

Le second avantage, sera de vous permettre de régler la quête de votre chien, puisqu'à ordre et en lui indiquant la direction, vous arriverez à limiter les distances qu'il se permet de chaque coté, et qui inquiète tant de chasseurs qui craignent « la sortie de main ».

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Voilà, le but de ce dossier étant de vous aider dans la préparation d'un chiot à la chasse pour sa (votre!) première saison, je pense que l'essentiel est dit. Il ne vous reste plus qu'à sortir beaucoup et à lui apporter la passion qui, seule, permettra d'envisager un dressage plus rigoureux, sans risquer de casser son plaisir et donc le votre.

En conclusion, je dirais que tous les chiens, même s'ils ne possèdent pas un potentiel génétique équivalent au départ, peuvent devenir de bons compagnons de chasse et , surtout, ont les capacités à recevoir une bonne éducation. Certains seront plus « durs », d'autres plus précoces, mais, avec de la rigueur, de la patience et, surtout de l'amour et du temps à leur accorder, vous réussirez !

Bonnes chasses à tous... Et...AU BOULOT !
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