Passion La Chasse
N'hésitez pas à vous inscrire ou à vous connecter !



La chasse étant notre passion commune,
Ce forum est un lieu d'échange et de discussion dans la convivialité et le respect mutuel !
 
SiteForumAccueilPortailFAQS'enregistrerRechercherConnexion
Partagez | 
 

 Poursuite dans le bush

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
ludovic375
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 1262
Age : 30
Localisation : Somewhere.....
Date d'inscription : 23/11/2012

MessageSujet: Poursuite dans le bush Jeu 15 Aoû 2013 - 22:36

Mars 2013

En compagnie d'un ami guide de chasse, D nous partons tôt le matin en Toyota sur son immense territoire à la recherche de divers animaux, au fond de moi je rêve de trouver un grand koudou de + de 55 pouces.  

Nous arrivons près d'un point d'eau et nous découvrons qu'il y a déjà du monde. Un homme qui est en fait le futur oncle de D est présent en compagnie de quelques ouvriers, nous nous arrêtons donc pour voir ce qu'il se passe.  
Nous découvrons qu'il a repéré les traces d'un grand félin, un léopard est venu boire et plus précisément une femelle en raison de la taille des traces assez petite.


La trace en question.

Il est relativement facile de différencier la trace d'un guépard de celle d'un léopard. Le guépard est le seul félin à posséder des griffes non rétractile, par conséquent on peut facilement confondre sa trace avec celle d'un canidé, alors que celle du léopard ressemble à celle d'un chat mais en beaucoup plus grosse.  


Trace de guépard prise lors du même séjour.

Dans cette zone la population de guépard est importante et celle des léopards semblent en augmentation.  
Les chiens sont intéressés par la piste de l'animal mais D  les rattrapent.  Face à un guépard même un gros mâle, ils ne craignent quasiment rien.   En revanche face à un léopard les risquent de se faire tuer un chien sont trop important.  De plus la chasse aux chiens est interdite dans ce pays pour cet animal, sauf ceux à problème, et le tir des femelles interdit.

Nous repartons donc dans notre recherche. Nous sommes assis à l'arrière du pick-up sur des sièges  rehaussés afin d'avoir une vision optimale de l'environnement alentour. Les carabines sont dans les housses et à portée de main.  J'ai "ma" bonne vieille Ruger en .30-06 et D sa Ruger en .223 Remington ainsi que sa Brno en .458 Winchester magnum au cas où.

Soudain des babouins traversent la piste au loin, nous en avons déjà vu la veille mais impossible de  les coincer. Le chauffeur accélèrent pour arriver à leur niveau mais ils ont déjà disparu dans le bush.   D  descend du 4x4 et dit que nous allons nous occuper d'eux et faire une mini battue.  Nous les entendons aboyer à quelques centaines de mètres de nous mais impossible de les distinguer.  Ils sont habitués ici à subir les foudres des fermiers et ils sont donc très méfiants.  

D part avec son pisteur O sur les traces des primates,  moi je vais avec T pisteur et chauffeur me poster sur la piste qui fait la frontière avec le voisin.  Normalement, ils devraient revenir vers nous et il est fort probable que je devrais tirer à la course.

Peu de temps après une détonation résonne suivit d'une seconde et j’entends au loin les cris des babouins qui semblent s'éloigner. Un message parvient à la radio, chaque pisteur est équipé d'un Talkie walkie, qui nous demande de venir les rechercher à un endroit précis.  
Arrivé sur les lieux je découvre un gros mâle mort au pied de D.

Il l'a tiré en haut d'un arbre de dos à moins de cinquante mètres. Ce babouin est mort bêtement sur ce coup, surtout que face à ce jeune afrikaner je ne donne pas beaucoup de chance à un animal arrêté. Son père et sa mère l'on souvent confié au Bushmen quand il était petit et il lui ont appris la connaissance de la faune et par la même occasion la langue traditionnelle même si ils parlent également très bien l'Afrikaans et également pas trop mal l'Anglais.
Une langue incompréhensible pour nous autres et composée de nombreux « clics ». Si vous avez vu le film «  Les dieux sont tombés sur la tête » vous comprendrez.
La seconde balle tirée à manquée sa cible qui apparemment était une femelle.  
Il me dit qu'il y a environ 50 babouins et que l'on va continuer notre traque.  Son territoire est traversé par de nombreuses pistes aussi bien en longueur qu'en largeur et cela forme donc de nombreuses parcelles. La première piste n'est pas loin et les babouins sont partis dans cette direction, nous nous dirigeons donc vers elle. O monte à l'avant du 4x4 et scrute la piste pendant que T  conduit.  
Soudain O  lève la main et indique que les babouins sont rentrées ici, les traces sont visibles dans le sable mais sans plus.  Nous ne commençons pas le pistage mais faisons le tour de la parcelle qui doit quand même faire quelques centaines d'hectares pour finalement revenir où nous avions vu les traces. Il n'y a pas de sortie, les babouins sont donc remisés. Je fais équipe avec O  pour les pister alors que D  et T  vont se poster à l'autre bout. D m'a prévenu que dans du bush dense j'ai intérêt à être rapide car bien souvent le contact se fera à très courte distance et je dois me préparer à tirer à la course, si j'ai de la chance dans des éclaircies je peut éventuellement en voir un dans un arbre et le tenter.

Nous commençons donc notre pistage, O très professionnel suit une trace quasiment invisible pour moi. Pour celui qui n'y connaît rien on pourrait croire qu'il nous mène en bateau mais il m'a prouvé, ainsi que bon nombre de ses collègues, plus d'une fois son talent pour le pistage et son sens de la chasse.  
J'ignore combien de temps nous avons marché, nous avons croisé la trace de pas mal d'animaux dont celle d'un léopard, mais à un moment O. s'immobilise.  On entend soudains les babouins qui eux se doutent de quelques choses car ils aboient. Ils ne sont pas loin, moins de 100 mètres, mais le bush nous empêche de les distinguer.  Mon réticule scrute les buissons et les arbres pour tenter de distinguer un imprudent mais rien à faire ils ne se montrent pas.  Nous les entendons s'enfuir, toujours de manière bruyante, avec des aboiements et des cris.  Puis quelques minutes après  trois détonations retentissent,  nous arrivons un peu plus tard sur la piste et D  me dit que la troupe est passée assez loin de lui et en courant mais il n'en a tué aucun.
On échange de place, lui va pister alors que moi je vais  à l'autre bout de la parcelle avec le 4x4 et O .
Cette parcelle est un peu plus petite mais l'attente dure.  Soudain je vois un bubale sortir à environ 300 mètres de nous.  Je regarde dans mes jumelles par curiosité quand je remarque qu'il s'agit d'une tête bizarre.  Si sa corne droite est normal, en forme de guidon de vélo, sa corne gauche ressemble à celle d'un gnou bleu, l'animal ne restera qu'une poignée de seconde immobile avant de rejoindre au galop l'autre parcelle.  
J'attends toujours les babouins, carabine prête à faire feu, quand une détonation se fait entendre suivit d'une seconde, je me tiens prêt mais alors que je m'attendais à les voir sortir à courte distance ils passent à fond à plus de 300 mètres. A cette distance bien évidement je ne tente même pas un tir.  D  arrive avec T,  il a tué un jeune mâle à la course dans le bush très dense et me dit que le mieux est que je piste en permanence si je veux augmenter mes chances d'en tuer un.

Pas de problème nous continuons le pistage avec O , le soleil commence à taper mais j'ai la motivation et je veux mon babouin. D m'a prévenu ils commencent à se fatiguer et les contact vont se multiplier.  Manque de chance les babouins détalent encore devant nous sans me laisser la moindre possibilité de tir à cause du biotope et D  tire encore une fois de loin et à la course sans succès.

Nous continuons donc notre pistage, D  me dit que la bande a éclaté et qu'il va rester en retour au cas où.  En plein pistage O  s'immobilise, ils sont visiblement là mais je ne les voit pas.   Puis soudain visiblement ça démarre, nous courrons donc dans leur direction pour tenter d'avoir une opportunité et je vois alors 3 masses grises passées en plein travers derrière un buisson à une trentaines de mètres.  La Ruger se lève à la vitesse de l'éclair et dès que le premier  se présente en pleine course dans une éclaircie, le réticule le rattrape mais heureusement que je ne suis pas trop nerveux et je retiens mon coup de carabine.
En fait, il s'agit de jeunes phacochères mais sur le coup dans ce biotope assez dense et la couleur identique des animaux j'ai confondu l'espace d'une seconde un suidé avec un primate.  

Les babouins eux encore ont disparu mais nous avons vite fait de retomber dessus un peu plus loin.  D avait raison ils fatiguent, O  en distingue un en haut d'un arbre mais impossible de tirer  à cause des trop nombreuses branches entre lui et nous.  Nous tentons l'approche mais il nous repère, s'éjecte immédiatement de son promontoire et emmène ses copains.  J'avais le sentiment d'avoir tourné en rond, O.  me le confirme et me dit qu'ils repartent vers D.
Ce dernier ne se fait pas prier et tire à nouveau à trois reprises à la course, à la dernière balle j’entends nettement un singe crier.  Nous retrouvons D  un peu plus loin, la piste n'est pas large et il a tiré assez loin mais le dernier semble avoir été touché. Mais vu l'heure, environ midi, il décide d'abandonner pour ce matin, le babouin ne sera pas retrouvé.
Nous reprendrons cet après midi de bonne heure, nous retournons donc à la ferme pour nous restaurer puis nous ne tardons pas à repartir. D  a repris des munitions au cas où.
Nous nous dirigeons vers l'endroit où nous avions abandonné quand en chemin les babouins traversent devant nous. Ni une ni deux, on recommence.  Sous un soleil de plomb, D me fait remarquer que le sable est bouillant et cela ralentit la progression des babouins.

Je fais désormais équipe avec T.  Je ne voit aucune trace mais il est sûr de lui. Nous établissons le contact  mais à part les aboiements nous ne les distinguons pas.   D posté bien plus loin tire à nouveau une balle mais sur un animal très très loin et sans résultat.  

Soudain T s'accroupit et me désigne du doigt un bouquet d'arbre.  Au pied je ne voit rien sur le moment puis en regardant plus attentivement je distingue le babouin, un gros mâle, qui se déplace vers la droite.  Je l'attend instinctivement dans une trouée quelques mètres après mais à croire qu'il a deviné ce qu'il l'attendait.  Il accélère brutalement et ne passe pas dans la trouée en question et je n'arrive pas à trouver l'endroit adéquat pour lâcher ma balle.  

Tout est à refaire, nous continuons, à un moment T  perd la trace à cause des traces d'un grand  troupeau d'Oryx qui a coupé la trace des babouins. Il me demande de rester sur place et décrit des cercles autour de moi pour retrouver la trace de nos primates.  En peu de temps c'est chose faite.
Nous repartons et plus loin nous tombons à nouveau sur les babouins qui détalent, j'ai beau être rapide mais la lunette  même au grossissement minimum, Zeiss 3-12x50, qui équipe l'arme, n'est pas vraiment destinée au tir sur des animaux en mouvement à courte distance surtout dans un biotope assez fermé comme ici. Au moment où je vais tirer le babouin disparaît comme par hasard dans la végétation. A si j'avais mon Aimpoint ou ma Swarovski de battue !

Arrivé sur la piste O remplace T et nous continuons sans relâche notre traque.  Et puis O  s'arrête et met le stick à la hâte. L'un des babouins est en haut d'un grand arbre,  O qui estime très bien les distance m'indique environ 250 mètres.  Je suis un peu essoufflé et j'ai du mal à conserver une visée stable, je bloque ma respiration et lâche ma balle. Ayant l'habitude de cette arme je réarme habituellement instinctivement très rapidement mais là la culasse est bloquée. Le babouin lui se laisse tomber sur environ un mètre puis se rattrape à une branche et saute.  Je bataille pour ouvrir cette satanée culasse puis à force j'y arrive. La douille vole et je ne la retrouverai pas, je pense qu'il s'agit quand même d'une surpression.

Je pense avoir loupé et O  aussi, mais à notre avis la balle n'a vraiment pas passer loin du primate. Nous nous rendons sur place et effectivement aucun indice de blessure.  Nous poursuivons pour finalement tomber sur D  et T un peu plus loin.  Les babouins tournent et cherchent à nous perdre.
D arrive à me convaincre de rester dans le 4x4 pendant qu'il repars avec T à la poursuite des singes.

Nous allons nous poster un peu plus loin avec le Toyota mais alors que nous attendions, nous entendons les babouins aboyer dans la parcelle d'à coté et ce très proche de nous.  O  prévient T  au Talkie et il lui dit que nous partons les approcher.  Il laisse le Toyota avec les clés dessus, ici ça ne risque rien, et nous partons en direction des aboiements.

Bien évidement  ils nous repèrent et prennent la fuite mais peu de temps après à quelques centaines de mètres nous les retrouvons. Dans une zone plus dégagée, l’œil de lynx d'O en repère un en haut d'un grand arbre, effectivement avec les nombreuses branches il était difficile à distinguer.
Et coup de chance il ne regarde pas dans notre direction.   Nous n'avons pas le stick avec nous, aussi O me demande si je veux tirer en appuis sur son épaule mais vu la distance je lui indique que je vais tirer à genou. Bien calé, grossissement sur x12, je vise le coffre du singe qui d'après O est situé à environ 150 mètres.   Au coup de carabine, je ne l'ai pas vu basculer mais O avec un grand sourire me dit qu'il est mort. Il l'a vu tomber  la tête la première.  
Toute ma fatigue a disparu et je laisse éclater ma joie. Nous nous dirigeons vers notre proie, la carabine prête à faire feu et la lunette sur le grossissement minimum, car un babouin reste un animal dangereux, mais ce ne sera pas nécessaire car ma balle est parfaite.  C'est un beau mâle, il y aurait plus gros mais c'est déjà un très beau spécimen de babouin chacma et de taille équivalente à celui que D.  a tué au matin.

Il n'y a pas à dire cela ressemble pas mal à un homme au niveau des mains et des ongles.  Les arcades sourcilières sont très développées comme celle des hommes de Neandertal.

D arrive avec T ,  nous prenons quelques photos.


L'une des mains



Je n'ai pas de podomètre mais ils ont estimé que j'avais fait sans problème 15 km dans ma journée mais sans doute plus en raison des nombreux détours. Je suis rouge, cuit par le soleil mais heureux. J'en garde le souvenir d'une chasse difficile où il a fallut persévérer pour conclure.
D est content de notre journée même si il pense qu'il aurait pu mieux se débrouiller.

Nous n'avons pas pesé notre animal, les pisteur et D m'ont dit qu'il devait faire dans les 40-45 kg. Je veux bien que c'est un animal très costaud et comme le disait Bourvil à Louis de Funès dans le film la Grande Vadrouille : "Vous êtes drôlement lourd pour votre taille", mais je pense que le mien était sans doute plus proche des 35 kg que des 45 kg mais encore une fois je n'avais pas de peson.
On ne peut pas dire qu'il sentait très bon, D m'a dit en rigolant que comme il ne pleut pas il ne se lave pas.

Dans les coins où ils ne sont pas chassés, la curiosité dont ils font preuve leur est souvent fatale, un peu comme la fois où nous étions à la pêche au silure dans un étang sur une propriété nouvellement acquise et où avant la pression de chasse était très faible. Mais ce jour là en plus des cannes à pêche nous avions également les carabines......

Mais là où il subissent fréquemment les expéditions punitives, ils deviennent passionnant à chasser même si de temps en temps comme le gros mâle de D ou nos gros sangliers de chez nous, ils arrivent qu'ils se fassent avoir bêtement.


Alexander Lake, grand chasseur d'Afrique ne disait-il pas : "Si un homme veut tester son habilité à la chasse, je lui suggère de tester les babouins chacma. Pas un animal, même le buffle d'Afrique, ne m'a jamais mené dans une telle poursuite futile comme l'ont fait ses brigands gris. A ce jour, je ne suis pas certains d'avoir plus d’intelligence qu'un babouin.


Dernière édition par ludovic375 le Ven 16 Aoû 2013 - 22:57, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
stihl026
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 3638
Age : 21
Localisation : France
Date d'inscription : 07/12/2012

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Jeu 15 Aoû 2013 - 23:03

Quel récit   et félicitations !!!!
Revenir en haut Aller en bas
Le Berrichon
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 16653
Age : 35
Localisation : Berry (18) / Sologne (41) / Gironde (33)
Date d'inscription : 12/06/2008

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Ven 16 Aoû 2013 - 0:31

Très sympa ! Merci !
Revenir en haut Aller en bas
math26
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 1749
Age : 20
Localisation : Drôme
Date d'inscription : 14/11/2012

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Ven 16 Aoû 2013 - 1:41

merci du partage , on s'y croirait. 
Revenir en haut Aller en bas
r3ptil69
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 2740
Age : 30
Localisation : Ain / Rhone / Chasse de partout ;-)
Date d'inscription : 17/09/2012

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Ven 16 Aoû 2013 - 7:31

Super sympas!!!
Revenir en haut Aller en bas
DCJ
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 2538
Age : 30
Localisation : Centre/Basse Normandie
Date d'inscription : 21/03/2013

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Ven 16 Aoû 2013 - 12:23

merci du récit   

C'est quoi la marque de vos cagoules camo? Elles sont super efficaces lol! 
Revenir en haut Aller en bas
kiki 71
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 16614
Age : 37
Localisation : saone et loire
Date d'inscription : 07/11/2009

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Ven 16 Aoû 2013 - 12:56

super récit
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
frenchdavid
Sanglier
Sanglier


Nombre de messages : 701
Age : 44
Localisation : bunwell, norfolk, angleterre
Date d'inscription : 18/08/2012

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Ven 16 Aoû 2013 - 19:51

Superbe récit,  
Revenir en haut Aller en bas
http://www.stalkinginengland.co.uk
ludovic375
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 1262
Age : 30
Localisation : Somewhere.....
Date d'inscription : 23/11/2012

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Sam 17 Aoû 2013 - 11:44

Ce matin il fait frisquet. Le nuit fût court et le réveil difficile car B et I avaient reçu pas mal d'amis et nous avons prolongé la soirée....

Cela fait pas mal de temps que nous courons derrière les impalas mais impossible de coincer un de ses grands mâles, j'ai quand même une demi-victoire à mon actif car j'ai eu l'occasion de tuer un impala mono-corne la veille.


Je n'ai pas assisté à la préparation du trophée et je ne l'ai pas encore reçu mais je crois que le pivot est cassé.

J'ai également eu l'autorisation de chasser une femelle Koudou et j'aimerai également bien rechasser un gnou bleu.
Depuis le début D a insisté pour que je chasse la femelle Koudou avec sa Brno Zkk 602 en .458 Winchester magnum mais à chaque fois nos approches ont échoué.

Il n'a pas beaucoup de cartouches sur lui, tout au plus une dizaine et on ne peut pas dire que le lot soit homogène. Si la majorité des munitions est rechargée avec des Soft point de 500 gr dont j'ignore encore l'origine, les douilles ne sont pas toutes de la même marque. Il y avait pas mal de PMP mais je me souvient encore avoir vu une Winchester et je crois aussi une Remington. Sinon il y a également quelques Hornady DGX de 500 gr manufacturées.

Alors que nous étions en T-shirt ou en chemise habituellement à cette même heure les jours précédents, là bien que j'ai enlevé ma petite veste, j'ai gardé mon pull-over.  Avec le Toyota nous faisons le tour des points d'eau en suivant les traditionnelles pistes, nous arrêtant de temps en temps pour jumeler.  
Soudain nous passons près d'une marre qui est à sec en raison de la sécheresse qui sévit actuellement.  J'ignore comment j'ai fait pour ne pas remarquer ce qui ce prélassait là où il y a quelques mois il y avait encore de l'eau mais je ne vais pas tarder à le découvrir.

O qui est assis derrière moi s’agite soudainement et dit à haute voix à D et T quelque chose en Afrikaans.  Comme je l'ai déjà dit je ne comprend rien à cette langue mais un mot, un seul me fait comprendre immédiatement ce qu'il se passe : mamba.

Je me retourne et en effet un beau mamba noir est en train de se faire dorer au soleil sur le sol desséché. Ce serpent réputé agressif et très dangereux doit être à une trentaine de mètres du 4x4 mais malgré la distance ils ne sont pas rassurés.  Ils craignent et détestent les serpent au moins autant que les babouins, une morsure d'un tel animal serait mal venu sachant que nous somme loin du premier hôpital.  

Nous n'avons pas de fusil avec nous qui est l'arme idéal pour les serpents.  Quelques jours auparavant j'avais vu un grand cobra qui s'était dressé à une dizaine de mètre du 4x4 lorsque nous passions. C'est impressionnant de voir un tel animal se dresser subitement, déployer son capuchon et pousser un soufflement qui glace le sang.  Bien que j'avais empoigné la .30-06, D n'a pas voulu que l'on s'arrête ce jours là car il le jugeait trop proche du 4x4.  Nous n'avions pas de fusil avec nous et impossible de le tirer d'un peu plus loin avec la carabine car le serpent était dans une trouée au bord de la piste. Nous ne pouvions le voir que lorsque nous étions parallèle à lui et D n'a pas voulu  faire marche arrière.

Pour notre Mamba, il n'y a aucun souci, nous avons une très bonne visibilité et surtout une bonne marge de sécurité.

J'ai été le premier à empoigner la première arme que j'avais sous la main, la Ruger en .223 Remington. D empoigne également une carabine mais je ne vois pas de laquelle il s'agit, tandis que O tient fermement les chiens.

Je demande à tirer le premier, D me dit qu'il n'y aucun problème.
Je suis dans une position peu académique et loin d'être confortable mais je suis stable, le serpent lui est positionné de ¾ arrière environ. Même à x9 ce n'est pas gros dans la lunette, je vise à un endroit où cela me semble un peu plus épais et je lâche ma balle : touché.
Ma balle l'a quasiment coupé en deux, il essaye de partir vers la droite mais en vain, l'arrière de son corps ne répond plus.   Au même moment une grosse détonation se fait entendre, D vient d'envoyer une balle de .458 vers le reptile. La balle n'est vraiment pas passée loin de lui et fais voler un gros nuage de poussière et de terre.  Il réarme et est quasiment prêt à envoyer une seconde balle mais je lui indique que je vais l'achever.  

A bras franc, toujours sur le 4x4 j'essaye de toucher la tête mais bien qu'il n'est pas fait 5 cm depuis la première balle les ondulations désespérées qu'il fait pour tenter de regagner le couvert ne facilite pas les choses.  Mes 3 balles ne passent pas loin mais c'est quand même loupé.  Je reprend quelques balles et saute du 4x4 mais D ne veut pas que l'on s'approche de trop et il a d'ailleurs toujours sa .458 en back up.

Nous sommes à environ 20 mètres de notre serpent qui cherche toujours à repartir vers notre droite et nous ignore complètement.  Si ma première balle le loupe encore, la seconde le touche juste à l'arrière de la tête mais sans toucher la colonne.  Il vole en arrière et semble mort, prudemment D s'approche avec une grosse pierre de plusieurs kilos et la lance sur la tête de l'animal.  O quand à lui avec une grande et grosse branche qu'il a trouvé à proximité frappe l'animal sur toute la longueur. Il est bien mort et nous prenons quelques photos.



Nous le mesurons avec le mètre que D a en permanence sur lui, il est plus long que je ne le croyait et qu'il ne le paraît en photo puisqu'il fait 2,52m. Il paraît que c'était une femelle et qu'il y a beaucoup plus grand mais c'est à ce jour le seul mamba noir que j'ai vu de mes yeux.

Le serpent ne sera pas conservé à ma grande surprise, O et T ne souhaite pas manger de cet animal et me disent qu'il fera le bonheur d'un secrétaire.

Nous reprenons notre prospection et après une série de cache-cache avec un très grand impala qui ne me laissera jamais une opportunité de tir nous finissons par repérer deux femelles de koudou. Nous décidons donc de tenter l'approche. Cependant je n'ai pas pris la classique .30-06 mais la carabine à D, sa .458 dotée des organes de visée d'origine.  

Après une approche à bon vent nous arrivons à une soixantaine de mètres des deux femelles. Si l'une est masquée par un "bush" l'autre est dans une position idéale, de profil et dans une troué.

Au moment où j'épaule, elle regarde dans ma direction et quand on connaît la méfiance de ses animaux je sais qu'elle va s'enfuir dans très peu de temps quand elle nous aura parfaitement identifié. Néanmoins je pense avoir pris mon temps pour assurer une balle parfaite.
Le fin guidon se pose pleine épaule, ma visée est stable et je sais comment l'arme est réglée. Au tir je réarme instantanément mais alors que je m'attendais à la voir tomber, elle reste sur place et me fixe alors que sa copine s'enfuit à toute allure. J'ignore combien de temps elle est restée sur place, sans doute seulement deux ou trois secondes mais cela m'a parut une éternité. D d'un air étonné me lance au moment où elle démarre un " Too high, shoot again". Je l'ai gardé en joue jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans le bush plus loin mais je n'ai pas tiré tellement étonné d'avoir loupé un si gros animal à une si courte distance.  La balle serait passée d'après lui juste au dessus du dos au niveau des épaules et pour avoir vérifié sur place pour lever le moindre doute, l'animal est bel et bien loupé.

Aujourd'hui je ne me l'explique encore pas mais au moins ce raté permet de se dire que rien n'est jamais acquis à la chasse et qu'il faut rester humble. Même un tir facile peut être loupé, c'est même souvent dans ce cas qu'il y en a le plus de loupé car bien souvent on voit l'animal mort avant d'avoir presser la détente.

Par la suite nous tenterons encore une approche sur un impala qui sera mis en alerte par un oryx que nous n'avions pas vu.  Nous rentrerons à la ferme où les amis de B et I sont encore là mais sur le point de partir.

J'aurai l'occasion de tuer un autre impala mono-corne l'après midi au milieu d'une grande harde.



Cette fois la corne est cassée un peu plus haute.

Mais le grand impala, celui doté de deux cornes, restera insaisissable jusqu'à la fin du séjour.  Un soir juste avant la nuit nous en avons vu deux très beaux  qui se battaient au loin.  
Nous avons tenté l'approche mais une saute de vent à mis les animaux en fuite.  D s'est quand même rendu sur place pour vérifier quelque chose, il lui semblait avoir vu dans ses jumelles qu'un animal était blessé au niveau de la bouche.  La chose est confirmée, de petites gouttes de sang sont présentent sur le sable là où il se tenait moins d'une minute avant.  

Comme je l'ai fait remarquer à D :  "Si par le plus pur des hasards, il n'avait pas remarqué cette blessure dans ces jumelles, que je me sois retrouvé en position de tir sur l'animal en question mais que je  le loupe....!"    
Nous aurions tout de même été faire un contrôle de tir, les quelques gouttes de sang retrouvées nous auraient laissé imaginer que l'animal aurait été touché par ma balle.  Cela nous aurait entraîné dans une recherche jusqu'à la nuit et nous l'aurions sans doute poursuivit le lendemain matin pour aucun résultat.  Comme dans beaucoup de cas cet animal considéré comme blessé m'aurait été facturé dans son intégralité.
D confirme que cela aurait été vraiment le coup de malchance.
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Le Berrichon
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 16653
Age : 35
Localisation : Berry (18) / Sologne (41) / Gironde (33)
Date d'inscription : 12/06/2008

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Sam 17 Aoû 2013 - 12:25

Merci pour ce récit !

Pas tout à fait les mêmes impala en Tanzanie :



Revenir en haut Aller en bas
Hugo76
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 2387
Age : 18
Localisation : Seine-Maritime
Date d'inscription : 03/01/2013

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Sam 17 Aoû 2013 - 13:09

Merci pour ce beau récit et photos !
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Sam 17 Aoû 2013 - 14:19

Merci pour tes récits et tes photos !

La chasse du babouin à l'air passionnante mais pas de tout repos ! Bravo à vous  
Revenir en haut Aller en bas
Bastoun73
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 10643
Age : 33
Localisation : Chamoux sur Gelon (savoie)
Date d'inscription : 06/03/2009

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Sam 17 Aoû 2013 - 15:16

Bravo ludo , deux magnifiques recits , j'me suis régalé  
Revenir en haut Aller en bas
Adrien
Webmaster
Webmaster


Nombre de messages : 39013
Age : 29
Localisation : Haute Loire (43)
Date d'inscription : 07/02/2005

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Dim 18 Aoû 2013 - 20:01

Bravo et merci pour les recits ! 

_________________
Il n'est point de vrais chasseurs qui n'aient d'égards pour le gibier et c'est pour lui règle d'honneur, de l'aimer, le respecter, le protéger
Revenir en haut Aller en bas
http://www.passionlachasse.com
ludovic375
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 1262
Age : 30
Localisation : Somewhere.....
Date d'inscription : 23/11/2012

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Dim 18 Aoû 2013 - 20:33

@Le Berrichon a écrit:


Pas tout à fait les mêmes impala en Tanzanie :



Vraiment jolies tes photos  

Elles ne viennent pas du même pays mais ça reste de l'impala commum  Sinon il y a également l'impala à face noire, nettement plus rare et dont l'air de répartition se limite au nord de la Namibie et à l'Angola. Je ne sais même pas si il est encore chassable en territoire ouvert   C'était hors de prix, évidemment vu le très faible quota.
Par contre on peut le chasser en territoire clos, le prix est moins important mais ça peut quand même monter à plus de 2000 €
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
ludovic375
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 1262
Age : 30
Localisation : Somewhere.....
Date d'inscription : 23/11/2012

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Dim 18 Aoû 2013 - 20:38

Après 3 heures de 4x4 à un bon rythme en compagnie de M et de C qui sont venus me chercher à l'aéroport, j'arrive à la ferme.  Je retrouve avec le sourire D et L et fait la connaissance de M. B et I, eux ne sont pas encore revenus.

Je pose mes bagages, prend un douche et retourne voir tout ce petit monde.  Depuis l'an passé nous  en avons des choses à raconter même si avec M nous avons déjà bien parlé sur la route.
D me remet ma carabine de prédilection comme je lui avait demandé dans mon mail peu avant mon arrivée et une boite de balle.  Il y a comme l'année dernière quelques rechargées avec des Game king de 11,7g mais la plupart sont des manufacturées PMP SP de 11,7g.
Nous nous restaurons et faisons la sieste pendant les heures les plus chaudes.  C'est D qui me guidera tout au long du séjour, il l'avait dit l'année dernière qu'il souhaitait absolument me guider à nouveau.

Nous partons au stand de brousse pour vérifier le réglage de la lunette.  Nous disposons une cible à 100 mètres. J'écarte les quelques Game King vu qu’apparemment il a un bon stock de PMP et que la lunette est d'après D réglée avec.

Bien appuyé je tire une première fois.  Petit contrôle, mais la balle est trop haute. L'an passé la lunette était réglée à 200 mètres, c'est à dire qu'à 100 mètres on avait environ un + 6 cm au dessus de la mouche, mais là c'est beaucoup plus haut. Je tir deux autres balles qui confirme que la lunette doit encore être réglée avec les Game King.
Quelques clics vers le bas et les impacts en cible confirment que la lunette est désormais réglée pour les munitions Sud-Africaine. On essaye ensuite la 223 Remington  mais aucun problème pour elle, elle tire juste.
L'objectif principale est un beau Waterbuck, le common Waterbuck exactement appelé également cob à croissant. Reconnaissable à la forme particulière de sa tache sur son postérieur.  Mais à part le Waterbuck j'ai également en tête d'autres animaux, B le père de D a dit au téléphone qu'il m'offrait le tir d'un petit phacochère.

Sur ce territoire le Waterbuck est chassé de deux façons : la méthode la plus utilisée reste celle qui consiste à approcher avec précaution et à bon vent les points d'eau et éventuellement à pister si un beau mâle est repéré. La seconde surtout utilisée pour les personnes à mobilité réduite consiste à affûter près du point d'eau soit dans un mirador soit à même le sol. Nous avons bien évidement opter pour la première solution.  

Nous partons donc avec D mon guide, O pisteur et T pisteur et chauffeur. Trois chiens de la ferme sont également avec nous.
Comme d'habitude il y a Rambo, un croisé labrador au pelage noir ébène  qui est expérimenté et calme. Le fougueux  Abott, un jack-russel et enfin Lélek, le nouveau chien de D dont j'ignore la race, même si il y a du terrier dedans, et encore plus l'orthographe exact en Afrikaans de son nom. En français son nom signifiant littéralement « Le plus moche ». Il est vrai qu'il est loin des critères de beauté habituels.
Un quatrième chien aurait pu nous accompagner, Büffel qui est le fils de Rambo mais suite à un accident il a une patte dans le plâtre.

Mais revenons à notre chasse. Nous approchons avec précaution et à bon vent le premier point d'eau mais il n'y a rien hormis des oiseaux. Comme je le dit à D je souhaite chasser un bel animal et pas le premier qui passe. D est bien évidemment d'accord pas question de me faire tirer un jeune animal avec des cornes de 50 cm sachant que la taxe de tir est la même quelque soit le trophée. Comme me l'avait dit B son père l'année dernière : « Si tu prends ton temps tu devrais en trouver un beau ». Nous avons le temps, je dispose de 10 jours et demi de chasse, et continuons donc notre prospection.

Nous partons vers un autre point d'eau, toujours après une approche à bon vent, nous arrivons à proximité de la marre mais du bush nous empêche d'avancer. Il y a du mouvement autour mais il m'est difficile de distinguer ce qu'il y a au juste. Ce que nous redoutions arrive très vite, le vent tourne et tous les animaux décampent.

Il m'a semblé avoir distingué la tache blanche caractéristique des Waterbuck sur l'un des animaux à la course mais impossible de dire si c'était un mâle ou une femelle, la visibilité était trop mauvaise. D'après D il n'y avait rien d'intéressant.

Qu'importe nous avons le temps, nous nous dirigeons vers le troisième point d'eau, nous verrons différents animaux mais bien souvent des femelles ou des animaux que je ne souhaite pas chasser pour l'instant ou trop jeune. Il fait encore chaud et nous nous désaltérons avant de reprendre notre   prochaine approche.  Elle se fait encore une fois à pas de loup et courber, D étant devant, moi juste derrière lui et O fermant la marche.

Il y a de l'activité cette fois et la visibilité est meilleure puisque nous somme en face d'une large trouée.
Je remarque une femelle Waterbuck puis une seconde mais y a-t-il un mâle avec elle ?
D jumelle puis un mouvement sur notre gauche attire notre attention. L'animal se dirige vers les femelles et va passer dans la trouée en face de nous. D ne met pas longtemps à identifier l'animal et devient comme fou.

Très existé tout en mettant le tripode en place il me dit et me répète dans les rares mots de Français qu'il connaît : « Tête bizarde, tête bizzarde, shoot, shoot ».

En effet, je ne peut pas refuser un tel animal, le trophée est incroyable. J'abaisse la culasse silencieusement et prend ma visée. Je veux assurer une balle parfaite car le waterbuck est un animal très résistant d'après ce que j'ai toujours entendu et de ce que D m'a dit. Au moment où je vais tirer l'animal se met de « cul ».
Pas question de tirer dans cette position, pourtant D m’incite presque à mettre une « Texas heart shot ».
Pas question, je prend mon mal en patience et soudain le waterbuck se tourne pour repartir vers notre gauche. Le télémètre des Leica Geovid de D ne fonctionne plus très bien et il ne peut pas me donner à ce moment une distance exacte mais il estime qu'il est à environ 110 mètres de nous. Je vise pleine épaule mais pas trop haut, et tire au moment même où le waterbuck avance son antérieur gauche.

A l'impact de la balle il fait un grand saut et s'enfuit. Je réarme et court sur environ vingt mètres pour tenter de le doubler à la course mais il a déjà disparu dans le bush. Au même moment un jeune phaco me passe à une quarantaine de mètre en plein travers à la course dans l'autre sens. J'épaule et au même instant D me dit de le tirer.
Le phaco boule à la balle mais se relève aussitôt et vient droit vers moi. Je tire au moment où il tourne et ma balle passe légèrement derrière. Je tire un troisième fois lorsqu'il rentre dans le bush, je ne voyait plus que son ombre à se moment.
Je ne m'en suis pas rendu compte sur le moment mais j'ai tiré très très vite mes 3 balles, D est étonné par ma rapidité et me dit que le phaco n'est pas loin vu l'impact de la première balle.
Mais pour l'instant il préfère se concentrer sur le waterbuck.
J'ai peur d'avoir mis une mauvaise balle mais D me dit que le tir est parfait et qu'on va le retrouver rapidement.
Malgré ses propos rassurants on a toujours une petite appréhension au fond de soit, la peur que la balle ne soit pas aussi parfaite que ça et surtout la crainte de perdre l'animal blessé...

O se met aussitôt à la recherche du sang, il voit la trace de notre animal sur le sable mais pas encore de sang. Il n'a pas fait 20 mètres que T arrive avec le 4x4. D répète deux ou trois fois quelques choses en Afrikaans comme « fatom, fatom », les chiens qui étaient dans la benne du pick up n'en demandent pas plus et nez au sol empaument la voie du waterbuck.

Ça ne dure pas longtemps pour que les aboiements arrivent, c'est sûr ils tiennent l'animal au ferme. Les aboiements sont intenses, preuve que l'animal n'est pas mort et semble se défendre.

La carabine réapprovisionnée de 4 cartouches, la lunette sur le grossissement minimum,x3, je part en courant en direction des aboiements. D me dit de l'attendre, car un Waterbuck blessé peut se révéler dangereux et charger ses adversaires. En cas de charge ma .30-06, sauf balle de colonne ou de cerveau, n'aura pas beaucoup de chance de le stopper net.

Il prend sa .458 Winchester magnum, fais monter une cartouche dans la chambre et nous partons prudemment en direction des aboiements. Nous sommes proche mais ne distinguons pas l'animal à cause de la végétation. J'approche prudemment de là où, d'après les aboiements, semble se trouver l'animal. D est collé à moi prêt à intervenir en cas de problème. J'entends les chiens aboyer mais je ne vois pas l'animal dans ce carré d'épine.
Finalement je distingue le Waterbuck qui est mal en point. Il est couché et à la gueule ouverte, balançant sa tête de droite à gauche pour tenter de repousser l'assaut des chiens. J'approche prudemment me frayant un chemin comme je peux. Bien qu'il soit sur sa fin, j'attends que les chiens s'écartent et lui envoie une balle pleine épaule. Il n'a strictement aucune réaction, je réarme, me décale un peu et vise une nouvelle fois. D me demande de faire attention à ne pas toucher sa corne gauche. Au même moment, il lève sa tête et la bouge sur le coté, les chiens sont décalés et D me dit de tirer. La balle quasiment tirée de face, le touche au niveau du cou et le foudroie.

Je n'en reviens pas, même si cette action n'a pas duré longtemps l'émotion a été intense et surtout quel trophée. Il est unique. Si sa corne droite est normale, sa corne gauche s'enroule comme celle d'un mouflon.

D le connaissait depuis quelques temps mais bien que certains de ses clients l'avaient convoité, aucun n'avait réussi à le mettre en joue. J'ai eu de la chance et j'ai su la saisir.  
Ma première balle était parfaite mais voilà un exemple qui confirme les dires de D sur la résistance des waterbucks. Les deux autres sont également parfaites et aucune n'a traversé.

Le 4x4 se fraye un chemin comme il le peut pour arriver jusqu'à l'animal. Grâce au treuil nous le chargeons dans le 4x4 et nous partons près du point d'eau pour faire des photos et rechercher le phaco.  Nous le retrouvons mort pas très loin, ma balle est un peu trop derrière mais a fait pas mal de dégât.  
Nous prenons des photos de nos animaux.





Pour info la corne gauche mesure 56 cm alors que la corne droite, celle qui est normale, mesure 71 cm, c'est la moyenne. Les bases sont grosses et l'animal ne semble pas tout jeune.
On ne peut pas dire que c'est un vrai doublé mais c'est quand même quelques choses de peu courant.

Nous repartons à la ferme.  Il fait encore chaud et vu que je veux faire le waterbuck en cape il ne faut pas que sa peau s’abîme. Comme je le dit à D il est fort probable que je chasse d'autre Waterbuck dans le futur mais il est peu probable qu'une occasion sur un autre animal de se type se représente.  
Nous ne l'avons pas pesé, D me dit qu'il ne doit pas être loin des 300 kg. Peut être, en tout cas il me semblait plus gros que le gnou bleu que j'ai tué l'an passé et qui affichait pile poil 250 kg sur la balance.

Le soir se sera « big party » pour fêter tout ça.
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Le Berrichon
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 16653
Age : 35
Localisation : Berry (18) / Sologne (41) / Gironde (33)
Date d'inscription : 12/06/2008

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Dim 18 Aoû 2013 - 20:59

Je n'en ai pas vu des si beaux ! Un jour peut être...

Revenir en haut Aller en bas
math26
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 1749
Age : 20
Localisation : Drôme
Date d'inscription : 14/11/2012

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Dim 18 Aoû 2013 - 21:03

felicitation , sa doit etre genial
moi qui n'etait pas du tout fan des chasse africaine , tu me donne envie d'essayer  
et merci pour ce recit   
Revenir en haut Aller en bas
Hugo76
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 2387
Age : 18
Localisation : Seine-Maritime
Date d'inscription : 03/01/2013

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Dim 18 Aoû 2013 - 21:32

@math26 a écrit:
felicitation , sa doit etre genial
moi qui n'etait pas du tout fan des chasse africaine , tu me donne envie d'essayer  
et merci pour ce recit   
+100  
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Papa95
Bécasse
Bécasse


Nombre de messages : 211
Age : 60
Localisation : val d'oise
Date d'inscription : 08/05/2010

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Lun 19 Aoû 2013 - 10:42

Un beau safari, ou étais tu? Le cob est vraiment surprenant, merci pour ton partage.
Pour math26 attention une fois que tu y goutes....tu attrapes le virus et il est sans remède
Revenir en haut Aller en bas
r3ptil69
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 2740
Age : 30
Localisation : Ain / Rhone / Chasse de partout ;-)
Date d'inscription : 17/09/2012

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Lun 19 Aoû 2013 - 13:51

Un beau trophée et en plus exceptionnel

Je dois dire que je suis pas un grand fan de ces modes de chasse, mais si un jour j'ai les moyens je pense que je me ferai un safari...

Maintenant je ne dis surtout pas que je n'aime pas ou autres, mais j'aime entendre les chiens qui vous annoncent que sa va être a vous.
Revenir en haut Aller en bas
ludovic375
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 1262
Age : 30
Localisation : Somewhere.....
Date d'inscription : 23/11/2012

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Mar 20 Aoû 2013 - 12:45

Le Berrichon: Bel photo, le tiens n'est pas mal du tout.  Ses cornes sont un peu plus courte, mais les bases sont épaisses ce qui laisse à penser qu'il n'est pas tout jeune. Je pense que ses cornes font entre 65 et 70 cm.  
Même si on leurs laissent le temps tous n'auront pas forcément des corne de 80 cm et plus comme il y en a de temps en temps de tué, c'est la génétique.
En RSA, il paraitrait que dans certains endroits on "boosterait" ses animaux pour obtenir des trophées plus grands...... 

En voilà un pris en photo depuis un mirador avec des femelles près d'une pierre à sel.


Il est encore jeune d'après mon guide, ses bases sont fines et les cornes ont été estimé à 65-66 cm

Papa95 tu as un Mp  

Pour les autres n'y aller jamais, on attrape un virus terrible dont il est impossible de se défaire  


Dernière édition par ludovic375 le Mar 20 Aoû 2013 - 13:40, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
ludovic375
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 1262
Age : 30
Localisation : Somewhere.....
Date d'inscription : 23/11/2012

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Mar 20 Aoû 2013 - 13:16

Le grand impala comme je le rêve nous échappant encore et toujours, nous décidons avec D de tenter l'option mirador.  Sur son immense territoire, il n'en a que trois mais ils sont très grands, dissimulés dans de grands arbres et on y accède non pas par une échelle mais par un escalier doté une rambarde.  
Nous décidons d'y aller pendant les heures les plus chaudes et d'y rester jusqu'à la nuit si il le faut.  

Après un déjeuner vite avalé, nous nous rendons donc au mirador que D a décidé d'occuper.

Nous verrons bien, je lui fait entièrement confiance, et si un gros phacochère avec des bananes de plus de 30 cm se présente nous ne laisserons pas passer notre chance.  Il y en a mais ils ne sont pas nombreux et très malins.  

Quelques jours auparavant j'en ai loupé un à environ 300 mètres qui était sur ses gardes et près a détaller.  J'étais sûr de moi, parfaitement calé mais je ne sais pas pourquoi au dernier moment j'ai corrigé un peu plus qu'il ne le fallait.  
Nous n'avons pas vu ma balle arriver mais le phaco a démarré au pas de course pour disparaître aussitôt dans le bush.  En arrivant sur place pour contrôler le tir, nous avons remarqué que ma balle était dans un petit arbre.  
D a tout de suite dit que j'étais un peu trop haut et effectivement en regardant attentivement au sol pour tenter de déceler un indice de blessure, lui et O ont trouvé quelques longues soies. Ce qui confirme pleinement les dires de D, ma balle est passé dans la crinière.  
A la chasse comme ailleurs, la différence entre une victoire et une défaite ne se joue parfois qu'à quelques centimètres et ce fût le cas ici.  
Mais je préfère ce style d'échec, c'est à dire que l'animal soit indemne, à un animal blessé et perdu.

C'était un très beau spécimen, je vois encore dans ma tête aujourd'hui malgré la distance qui nous séparait, les impressionnantes grès dans la lunette. D l'estimait à au moins 35 cm ce qui en fait un spécimen magnifique mais pas record.  Il y a quelques années un client Français guidé par son père à eu la chance de tuer un animal portant des grès de 42,5 cm.

L'espoir de croiser un tel animal est bien présent en moi, mais il faut savoir faire preuve de patience,  de persévérance et surtout de chance.

En attendant nous avons pris quelques oreillers histoire d'attendre dans des conditions plus confortable, l'éventuelle arrivée de nos proies.
Mais quand nous arrivons dans le mirador il y a un petit problème.  Des abeilles rouges ont élu domicile sur le plafond de notre affût et mieux vaut ne pas les provoquer, elles ont la taille de nos frelons et sont réputées agressives.  
Sans mouvement brusque nous redescendons. Il faut les déloger, si l'on veut affûter ici.

T récupère une grande perche en bois et entoure l'une des extrémités avec un gros bouquet d'herbe sèche.  Il monte prudemment et une fois arrivé en haut de l'escalier, il met le feux à l'aide d'un briquet à l'herbe.  Avec son flambeau improvisé qui crépite, il « balaye » le plafond pour déloger et éventuellement tuer les intrus.

La voie étant libre, nous pouvons prendre place dans le mirador.  T prend le 4x4 et va se garer plus loin pour ne pas déranger la faune, nous nous contacterons par la radio si il y a besoin.  Quelques abeilles mortes se trouvent sur le plancher, elles au moins ne viendront plus nous embêter.  

Installer de manière plutôt confortable nous attendons patiemment.  Les premiers animaux à arriver seront des Waterbucks et nous verrons pas mal d'oiseau mais point d'impalas ou de grands phacos.  

A cause de cette chaleur, du bon repas et du confort de notre position, D et moi nous nous assoupissons pendant un certains temps.  O qui n'est absolument pas fatigué observera sans relâche les alentours pendant cette sieste. Soudain un sifflement nous sort de notre torpeur, O nous chuchote que les abeilles sont revenues et en effet elles sont juste au dessus de nos têtes.  
Hors de question de rester là.  Lentement, très lentement nous battons en retraite et sortons du mirador. D appelle T via la radio et lui dit de retourner à la ferme chercher l'insecticide pour régler une fois pour toute le problème aux envahisseurs.
Il y en a pour un petit moment, nous patientons donc assis sur les marches, à l'ombre de l'arbre.  Les Waterbucks sont toujours là dans notre dos mais soudain face à nous apparaît un grand troupeau d'oryx. J'en ai déjà deux à mon actif et à part un mâle exceptionnel je ne souhaite pas en tirer un autre, tout du moins pas pendant ce séjour.  

D qui est assis au dessus de moi, jumelle attentivement et examine les différents animaux.

Soudain il me demande  à voie basse si je suis intéressé de faire un tir de « sélection » à un prix d'ami.  
Dans le troupeau il y a un individu dont les deux cornes sont cassées.

Pas de problème, je lui tend mon HTC pour qu'il tente de faire un film car son APN n'a plus de batterie.  Je fais monter une balle silencieusement dans la chambre et vise soigneusement, appuyer sur la rambarde de l'escalier. L'animal est à une centaine de mètres et je sens bien mon tir. Vu qu'il n'est pas tout à fait de profil je vise en direction de l'épaule opposée. Au coup de carabine, l'oryx démarre en trombe avec tous ses compagnons.  Je réarme et debout cette fois-ci je le reprend à la course mais un autre animal est dans le même alignement. Pas question de tirer, je ne veux pas en blesser un second.  Finalement le mien se fait distancer et je peut lui envoyer une seconde balle.  Je réarme mais quand je reprend ma visée, je ne retrouve plus mon oryx au milieu des autres. Je regarde à travers la lunette le troupeau disparaitre petit à petit dans le bush, mais où est mon animal ?

Tout le monde a disparu et la poussière levée par le troupeau retombe tout doucement.
D et O sont catégoriques, les deux balles ont touché l'animal mais reste à savoir où ? Je pense que la première est un peu derrière, quand à la seconde je l'ignore totalement ! Pour cette dernière ils ont entendu l'impact dans l'animal.

Nous regardons la vidéo sur mon portable mais le zoom n'est pas assez puissant pour voir où ma première balle le touche. Pour la seconde l'animal était encore plus loin et D a été gêné par l'arbre.

Nous nous rendons sur place et il est bien difficile de trouver des indices à cause du passage du troupeau.
T qui est revenu avec l'insecticide, nous rejoint pour nous aider dans notre recherche et nous nous séparons pour augmenter nos chances de retrouver la trace de notre animal.   Je vais avec O pendant que T inspecte de son côté. O n'est pas du tout certains qu'il s'agit de la trace de notre animal mais un sifflement nous rappelle.  T a cru voir l'animal se dérober.
Nous ne sommes pas loin de là où j'ai tiré, l'animal ne devant pas être si mal touché que ça, ils décident de lâcher Rambo pour qu'il le bloque.
Rambo part mais on a l'impression qu'il se trompe de piste.... ce qui est étrange. Pas d'aboiement, rien du tout, c'est le silence total.

Plus loin nous retrouvons du sang, l'une des balles a visiblement traversé l'animal car il y a du sang de chaque côté de sa trace.  Par contre, pas de trace du chien, mais où est-il donc passé ?

Le soleil tape fort et la soif nous gagne mais notre animal ne s'arrête pas. L'écoulement du sang n'est pas énorme mais régulier et rend sa trace  relativement facile à suivre. Nous marchons pendant un moment mais je n'ai pas regardé l''heure tellement j'étais obstiné à retrouver notre animal. Je scrute sans cesse les environs pour tenter de le repérer.

Nous croisons à un moment une piste qui traverse la zone.  O appelle T à la radio, il n'était pas loin et avec D ils arrivent avec le 4x4, mais ils n'ont pas le chien avec eux.    
Nous ruisselons de sueur et une petite boisson fraîche est la bienvenue.  D me demande si je souhaite qu'il me remplace pour le pistage mais je veux finir le travail et retrouver mon oryx. Il me dit qu'il va faire un grand détour pour se placer devant nous, comme nous l'avions fait pour les babouins, et si l'occasion se présente intercepter l'oryx.

Nous reprenons le pistage mais pas pour longtemps car O se bloque et au milieu des épineux me désigne quelque chose du doigt.  En regardant attentivement, je distingue un oryx qui nous fait face mais es-ce bien notre animal ?

A genou, je monte lentement la carabine pour l'identifier avec certitude et dans la lunette je constate qu'il a les 2 cornes cassés, c'est donc bien lui.  En revanche, malgré la distance assez courte, une trentaine de mètres tout au plus, impossible de tirer une balle.   Il y a beaucoup trop de branches entre lui et moi, je tente lentement de me décaler sur la gauche quand l'oryx démarre en trombe sur ma droite. J'ignore pourquoi, mais je tente une balle dans ses conditions, ma balle à cassé du bois vu le bruit mais il est peu probable qu'elle ou des fragments est atteint l'oryx !

Il semble partir vers une zone ouverte, je m’extrais à la hâte des épineux, non sans quelques griffures et court vers là où je présume qu'il va passer mais il n'en ai rien.
F**k ! Où est-il ?

J'ai le sentiment que ça va mal finir. L'animal est à mon avis à bout de force et je suis certains qu'il ne va pas continuer à fuir devant nous.  
D ainsi que son père B m'ont déjà parlé des charges d'oryx blessés et la résistance de cet animal, surtout quand il est bourré d'adrénaline, est plus qu’impressionnante.  C'est pour cette raison que D a acheté sa .458 Winchester magnum. Une grosse balle, plutôt molle de ce calibre « cogne » beaucoup plus l'animal que le .30-06 qu'il utilisait avant. Pour l'instant les animaux n'ont jamais nécessité une seconde balle.

Ayant déjà assisté à des fermes sur oryx que se soit sur un animal blessé ou même en pleine possession de ses moyens, ils balancent leurs grandes cornes en avant telle des épées, cherchant à empaler l'adversaire qu'ils ont en face d'eux.
De même, M qui a été « games catcher » avant et avec lequel j'ai pas mal discuté redoute cet animal lorsqu'il faut les faire passer de la Boma à la benne du camion. Ils utilisent des plaques d'aciers en guise de bouclier pour se protéger des coups de corne dont les oryx ne sont apparemment pas avares.
Mon oryx n'a  plus ses longues dagues mais je préfère quand même éviter la confrontation.

Je remet une balle dans la carabine par sécurité, quand un bruit derrière moi m'interpelle. C'est Rambo qui arrive en courant et il suit la trace de notre animal.

Au moment où il me double je vois que le chien semble épuisé mais rien ne l'arrête, à peine à-t-il disparu de ma vue, qu'il se met à aboyer.
L'animal est au ferme pas loin de moi et le vent m'est favorable.

J'approche prudemment, toujours la lunette au grossissement minimum. L'oryx est fidèle à sa réputation de guerrier et tiens tête au chien  mais Rambo garde ses distances.
L'animal ne regarde pas dans ma direction et Rambo est bien décalé. L'angle n'est pas idéal mais à cette distance je suis sûr de moi. Je vise mais cette fois-ci bien devant l'épaule opposée et lâche ma balle.
L'oryx est foudroyé mais par précaution j'attends un peu. Je m'approche prudemment toujours par derrière, prêt à tirer au cas où, mais il est bien mort.

On appelle D et T à la radio. Il ne tarde pas à arriver en effet la piste était toute proche de nous.
Rambo est exténué, on lui sort sa gamelle et nous lui donnons à boire.

Nous examinons ensuite notre animal pour voir où sont placée les balles.

La première balle est dans la panse et elle n'a pas traversé, nous la sentons sous la peau du côté opposé très près de l'épaule. Vu l'angle elle n'est pas passée loin des poumons mais ça reste une balle de panse. Si elle était 5 cm plus à gauche, donc en avant de l'animal, elle aurait sans aucun doute touché au moins un poumon et la distance de fuite aurait été plus courte.
La dernière tirée au ferme rentre devant sa cuisse assez haut et le prend sur la longueur, comme je n'ai pas assisté au dépeçage je n'en suis pas certain, mais à mon avis elle vient casser la colonne au niveau des épaules, ce que je voulais, pour l'immobiliser.
Mais où est donc la deuxième balle tirée à la course ? Elle est basse et également dans la panse et a bien traversé l'animal. C'est elle qui nous a facilité la recherche grâce à l'écoulement régulier du sang.



C'est une très grosse femelle qui doit faire plus de 200 kg. Nous la chargeons dans le 4x4 et repartons, difficile de dire quelle distance nous avons parcourue ? Ils estiment que nous avons fait entre 3 et 4 km derrière cet animal. Je m'en veux d'avoir mal tiré même si ça arrive à tout le monde, mais au final je suis quand même content car nous l'avons retrouvé pour abréger ses souffrances.

On décide d'arrêter pour aujourd'hui.
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Hugo76
Cerf
Cerf


Nombre de messages : 2387
Age : 18
Localisation : Seine-Maritime
Date d'inscription : 03/01/2013

MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Mar 20 Aoû 2013 - 13:28

Merci pour ce récit et les photos encore superbe !!
Revenir en haut Aller en bas
En ligne
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Poursuite dans le bush Mar 20 Aoû 2013 - 13:38

Bravo et merci pour ce superbe récit  
Revenir en haut Aller en bas
 
Poursuite dans le bush
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Passion La Chasse :: Partie chasse :: Voyages de chasse-